L'élaboration des documents rééditorialisés, entre complexité et cohérence

Hypothèse

L'élaboration des documents rééditorialisés conduit à des difficultés dans le maintien de la cohérence éditoriale. Ces difficultés sont induites par l'outil. Pour les résoudre, les rédacteurs doivent manipuler et contrôler un objet complexe : le graphe documentaire. Cette situation est soutenable lorsque la complexité du graphe est faible : soit avec un volume de fragments et une densité de liens qui restent dans des proportions artisanales.

Tension

L'écriture des documents rééditorialisés se retrouve prise en tension entre d'un côté la fragmentation des contenus pour améliorer l'efficacité de la production et la maintenance des documents et de l'autre la nécessité de garantir la cohérence éditoriale du graphe.

Sans éléments d'assistance adéquats, le seul moyen de simplifier le contrôle de la cohérence consiste à supprimer des fragments mutualisés en dupliquant leurs contenus en lieu et place de leurs référencements. Cette pratique de la copie va à l'encontre de l'objet de la rééditorialisation.

Impact

Cette tension limite l'usage de la rééditorialisation et l'enferme dans une pratique artisanale où le passage à l'échelle est contraint par la complexité de l'objet manipulé - le graphe - et la nécessité de maîtriser la cohérence éditoriale des documents produits.

Objet de notre recherche

Notre recherche s'intéresse à cette tension en proposant différents éléments permettant d'assister les rédacteurs dans le contrôle de la cohérence du graphe. L'enjeu est d'ouvrir une approche industrielle dans l'élaboration et le contrôle des documents rééditorialisés. Nos propositions se structurent en deux parties : une première dédiée à la documentarisation et la régulation des actions menées sur le graphe et une seconde dédiée à la structuration du graphe en plusieurs ateliers afin de réduire le nombre de fragments perçus et d'assister les rédacteurs dans la rééditorialisation de volumes de fragments importants.

L'objet final poursuivi est de faciliter une production documentaire que Crozat (2012[1]) définit comme la façon dont nous pourrions écrire avec le numérique (« As we may write »). C'est-à-dire une production documentaire où chaque action de copie de contenus par un rédacteur est remplacée et contrôlée par une fonction de rééditorialisation.